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COLLOQUE - 07 et 08 avril 2018 - CONFLITS AUTOUR DU DETROIT DE LA FIN DU MOYEN-ÂGE AU XXIème SIECLE

Article du Nord Littoral du 13 avril 2018

L’Histoire est captivante, enrichissante

Suivie par un public plus important que de coutume, la version 2018 du colloque historique a su séduire son auditoire. 

Coorganisateurs de l’événement, les Amis du Vieux Calais et l’association historique et patrimoniale de Coulogne ont tout lieu de se montrer satisfaits. Le public a répondu en nombre à l’invitation et les différents universitaires ont captivé leur attention. « C’était très intéressant, très instructif. J’ai appris une foule de choses qui m’étaient inconnues » s’est réjouie une personne venue assister pour la première fois à cette rencontre.

Voilà qui illustre le sentiment partagé par une majorité de l’assistance.

« Vous faites honneur à Calais »

L'inauguration du XIème colloque

À l’occasion de la première journée, à l’auditorium de la Cité internationale de la Dentelle et de la Mode, Emmanuel Agius, premier adjoint au maire, a tenu des propos élogieux à l’égard des organisateurs. « Vous faites honneur à Calais par vos échanges », a-t-il déclaré tout en relevant les relations complexes avec nos voisins anglais : « parfois orageuses mais également puissantes, indéfectibles, incontournables », évoquant au passage les crises récentes qui ont vu la disparition de la compagnie My Ferry Link ou encore la question migratoire.

Un public venu nombreux à l’auditorium de la Citée de la Dentelle et de la Mode

La visite de l’église Notre-Dame présentée par l’Association pour la Mise en Valeur du Patrimoine Architectural du Calaisis (AMVPAC)

Le quatuor du Conservatoire à Rayonnement Départemental du Calaisis lors du concert de la première journée

Moments forts ...

Le lendemain, à la salle des fêtes de Coulogne, Alain Fauquet a insisté sur cet « avenir qui appartient plus que jamais à ceux qui ont la mémoire du passé. » Au-delà d’une prise de conscience collective qui a parcouru les rangs de l’assemblée, le colloque a été émaillé de moments forts, comme la découverte d’Anna Airy, une artiste-peintre anglaise, qui a su reproduire dans ses œuvres l’atmosphère de la production industrielle en 14-18 par du personnel féminin de canons, obus et autres engins de guerre avec un réalisme saisissant. 

Une salle bien remplie à Coulogne

Le Brexit et son questionnement

On doit également citer cette intervention sur la situation et le destin des juifs vivant dans la zone interdite en 1940-1944, qui a déclenché quelques séquences émotionnelles faites de silence et de recueillement. Avec les interventions des représentants de l’Institut des hautes études de la Défense Nationale, c’est de la défense européenne qu’il sera question, avec un tour d’Europe de la menace, diverse et variée et pas exclusivement islamiste, sujet d’actualité s’ajoutant une autre menace qui a pour nom le Brexit et qui a fait débat dans la salle avec toutes les grandes interrogations qu’il soulève.

« Nous avons vécu un colloque essentiel à la bonne continuation des activités historiques dans cette région, nœud de communication assez exceptionnel » a commenté dans ses conclusions Youri Carbonnier de l’Université d’Artois.

L’intervention humoristique par les Contes d’Opale et d’Ailleurs.

« Le Brexit, c’est quand même un peu inquiétant »

Eric Buissière au micro pour les conclusions. À ses côtés, Stéphane Curveiller, président du comité d'organisation et Youri Carbonnier

Professeur à la Sorbonne et président d’honneur du colloque, Eric Buissière s’est dit très heureux d’avoir « entendu de belles histoires » durant les deux jours. Tirant les conclusions du colloque, son propos s’est attardé sur le Détroit, espace à la fois partagé, parfois contesté, enfin voie de refuge choisie par les migrants, zone à la fois de paix, et de guerre en alternance au cours de l’histoire.

Sur le Brexit, il ne s’est pas montré tendre envers l’Angleterre, l’estimant « à la fois présente et absente... proche et éloignée à la fois, souvent hésitante » , rappelant combien le Tunnel sous la Manche avait suscité de débats pour ou contre outre-Manche durant des décennies, même au cours de la Grande Guerre comme l’avait indiqué Magali Domain dans son intervention.

Eric Buissière a estimé que la situation était assez complexe et que le Brexit lui apparaissait « quand même un peu inquiétant » sous certains aspects. Il n’y a pas eu de conférencier anglais pour lui apporter une éventuelle contradiction... Ils étaient partis pour cause d’horaires de transport.

Hervé Deguines

Photos : Les Amis du Vieux Calais et La Société Historique de Coulogne

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