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VOYAGE - 2018-09 - BEAUVOORDE, DIXMUDE ET COXYDE

Cette année, nous ne sommes pas allés bien loin : en Flandre occidentale, et par la formule du covoiturage, qui nous a permis d’économiser les traditionnels 700 € d’un voyage en bus.

BEAUVOORDE

Nous avons commencé cette journée au château de Beauvoorde, sis à quelques kilomètres au sud de Furnes. La demeure est ancienne, ceinte de douves en eau, avec un parc et des terres agricoles autour. Mais la visite vaut surtout pour le mobilier intérieur, complètement refait par un riche propriétaire à la fin du XIXème siècle, et toujours en l’état. Visite guidée par une dame surtout préoccupée de généalogie et d’héraldique.

Le château de Beauvoorde est un château fort situé à Wulveringem (Beauvoorde), une ancienne commune faisant partie de Furnes, dans la province belge de Flandre occidentale.

CALAIS - BEAUVOORDE

Le premier habitant connu du château est Jan de Valuwe, propriétaire en 1408. Le château est incendié par les Gueux de mer en 1584 et reconstruit en 1617 en style Renaissance. L'occupant est à cette époque Jacob Bryarde et sa famille en reste propriétaire jusqu'en 1828. Le château était alors devenu une ferme castrale qui devait être démolie.

Arthur Merghelynck achète le château en 1875 quasi à l'état de ruine, et en entame la restauration. Le bâtiment est agrandi par Joseph Vinck, l'architecte de la ville de Furnes. Un jardin français-anglais est adjoint au domaine.

En 1905, Merghelynck, sans descendance, lègue ses biens par testament à l'État belge, pour être mis à la disposition de l'Académie royale de langue et littérature néerlandaises (KANTL). Le château est classé au titre de monument en 1987. En 1998, le KANTL transfère la gestion du château à la Fondation du patrimoine flamand, tandis que le parc du château est géré par la Communauté flamande à partir de 2003.

DIXMUDE

BEAUVOORDE - DIXMUDE

À une vingtaine de kilomètres de là se trouve la ville martyre de Dixmude, complètement reconstruite après la Première Guerre mondiale, mais avec le souci de respecter le style flamand de la Renaissance. Belle leçon de restauration à l’ancienne que nous n’avons pas su – voulu – adopter à Calais, Dunkerque et Boulogne. Marta, notre guide, a dû composer avec une pluie battante et nous a livré ses explications à l’intérieur de l’hôtel de ville, de la halle aux poissons, du béguinage, de l’église saint Nicolas... Le mauvais temps ne nous a malheureusement pas permis la promenade le long des canaux.

L'Hôtel de ville

La première pierre de l'hôtel de ville, sur la place du marché, fut posée en 1428. En 1567 et 1572, de grands travaux y furent menés. Sur une toile de Hacke de 1716, on distingue une cour intérieure et un petit clocher.

La construction du troisième hôtel de ville dans un style néogothique se déroula entre 1875 et 1880 selon les plans de l'architecte brugeois Louis de la Censerie, mais pour la reconstruction (1923) après la Première Guerre mondiale, les architectes se basèrent sur les caractéristiques architecturales de la Renaissance flamande.

Le nouveau beffroi, symbole flamand et médiéval de la liberté de la commune, fut érigé dans la cour.

L'église Saint-Nicolas

L’église Saint-Nicolas (Sint-Niklaaskerk) est une église gothique située au centre de la ville, derrière l'hôtel de ville. Elle fut détruite pendant la Première Guerre mondiale, puis reconstruite dans un style gothique primitif selon un plan du XIVe siècle.

La flèche du clocher, du XVIIIe siècle, retrouva également sa forme originelle. En mai 1940, l'église fut à nouveau détruite par un incendie. Le bâtiment actuel est donc le résultat de la restauration de 1945. À cause de ces différentes destructions, l'église possède un intérieur sobre mais riche d'œuvres récentes respectant le style ancien.

Ainsi la Pietà (ou Nood God) est l'œuvre d'art la plus expressive de l'église. La Mater Dolorosa agenouillée, un voile noir sur la tête, serre contre elle le corps sans vie de son fils. L'artiste O. Sinia n'a pas choisi un thème nouveau. Le motif est très ancien et l'un des plus courants de la fin du Moyen Âge. Le bronze est l'œuvre des frères Minne de Gand. Derrière la Pietà de bronze, sept toiles, réalisées à l'huile par le père gantois Andreas Bosteels, représentent les douleurs de Marie.

Le béguinage

Le béguinage de Dixmude (XIIIe siècle) est l'un trois béguinages de Flandre-Occidentale, avec ceux de Bruges et Courtrai.

À la construction des fortifications, il se trouva à l'intérieur des murs. Le canal d'Handzame (Handzamevaart) permit aux béguines de gagner leur vie par des activités de lavage, de blanchissage et la réalisation d'ouvrages de laine, de lin et de draps. Elles apportaient également des soins aux malades et réalisaient des dentelles aux fuseaux. Sous l'administration française, une partie du béguinage fut aménagée en caserne de gendarmerie.

En 1914, le Béguinage sombra devant la violence de la guerre et ses habitants disparurent définitivement. Le site fut reconstruit dans son style originel. Il reçut un rôle social, d'abord comme maison de repos, et depuis 1990 comme habitat pour personnes mentalement handicapées. La cour intérieure donne sur la chapelle reconstruite et son vitrail réalisé à l'atelier de A. Mestdagh de Gand, en collaboration avec le concepteur Harold Van de Perre.

COXYDE

Après le déjeuner, improvisé sur la place du marché, nous nous sommes rendus à l’abbaye des Dunes de Coxyde où nous nous sommes contentés du musée, le vent et la pluie ayant amené la direction à interdire le parcours dans les ruines. Mais ce fut un demi-mal, car ce musée est riche et fort clairement présenté, et chacun a apprécié la nouveauté d’une visite virtuelle avec casque. Non, le beau temps n’a pas été de la partie cette fois – il fut radieux le… lendemain – mais ce que nous avons découvert était bien intéressant.

DIXUDE - COXYDE

L'abbaye des Dunes (ou abbaye Notre-Dame des Dunes) était située à Coxyde, près de Furnes, en Belgique, en Flandre-Occidentale, depuis son origine, en 1107, comme ermitage bénédictin établi au milieu des dunes. Au XIIe siècle, l'édifice est élevée au rang d'abbaye, s'adjoint une chapelle et des bâtiments plus solides, puis est affiliée à l’ordre de Cîteaux.

L'abbaye eut un grand prestige au XIIIe siècle, mais des crises financières, des inondations, les guerres, le relâchement de la discipline et la diminution des vocations provoquèrent le déclin du monastère. La communauté s'est réduit et n'a pu empêcher l’envahissement progressif des bâtiments par le sable.

Au XVIe siècle, les iconoclastes calvinistes puis les Gueux de mer vandalisent l'abbaye, laquelle est finalement incendiée et les moines dispersés. Début XVIIe siècle, l’abbé mettra en chantier la construction d’un nouveau monastère, puis son successeur décide du transfert de l’abbaye des Dunes à Bruges. Le traité de Münster qui reconnait l’indépendance des Pays-Bas septentrionaux porte un coup dur à l’abbaye qui perd un grand nombre de possessions en Zélande et voit ses dettes s’accumuler.

L'abbaye est supprimée en 1796 par l’autorité révolutionnaire française, ses biens confisqués, et les moines furent expulsés. Au XIXe siècle, après avoir servi comme école centrale du département de la Lys, lycée impérial puis hôpital militaire, les bâtiments de l’abbaye des Dunes à Bruges sont occupés par le Grand séminaire du diocèse de Bruges.

En 1949, les vestiges de l'abbaye de Coxyde ont été exhumés, et l'ancien domaine abbatial forme aujourd'hui un musée en plein air réunissant les ruines recouvrées. 

LE GROUPE

Si le beau temps n’était pas au rendez-vous, la bonne humeur s’était bien invitée au petit groupe de cette excellente journée

Vivement le voyage de l'année prochaine ...

Texte et Photos : Amis du Vieux Calais

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